Le bal du 14 juillet
Les lumières défilent. Une a une, rapidement. Elles soulignent la route.
Il a roulé la nuit entière. Le jour se lève, sur les montagnes. Il aime voir le jour se lever quand il est sur la route. Il aimerait pouvoir prendre un petit déjeuner sur la place du village. Il n’est pas sur de bien vouloir risquer d’être vu. Il s’arrêtera dans un village voisin. Déjeuner au bord de l’eau.
Il va falloir qu’il s’occupe toute la journée. Pour attendre le soir.
Pour l’instant, il roule, la tête dans les nuages. La tête en elle.
Il sourit en voyant la sortie se rapprocher. Il ne lui reste que la route qui longe la rivière. Il décide de passer par les crêtes pour allonger le temps. Il trouvera sûrement de quoi déjeuner.
…….
La journée se déroule tranquillement, il deambule dans le village. Pas très loin de son point final. Il a un livre, il décide de lire au bord de l’eau. Il a du mal à se concentrer. La journée est tueuse. Il rumine.
……..
La soirée arrive. Il reprend sa voiture. Il reprend la route et se dirige, enfin, vers sa destination. Maintenant il ne peut plus reculer. Il y va. Il se dit que c’est une connerie.
……
La nuit est tombée, il est presque minuit. La musique démarre doucement. Quelques personnes sont sur la piste. Il est attablé, un verre à la main. Il ne sait même pas si elle viendra. Si elle aime les bals du 14 juillet. Et si elle vient, elle sera accompagnée, obligatoirement. Il s’en fout un peu. Tout ce qu’il espère, c’est qu’ils se croisent, qu’ils dansent ensemble, et rien d’autre.
…….
Il l’aperçoit, il les aperçoit. Elle, lui, et l’angelinette. Comme elle est belle. Elle s’est faite belle. L’angelinette aussi. Il se souvient qu’elle choisi ses tenues, pour le soir, avec grand soin. Elle ne l’a pas encore vu. Il ne se presse pas pour se faire remarquer. Ils déambulent, légèrement. La musique est entraînante. Elles se trémoussent sur le bord de la piste. Elle prend l’angelinette dans ses bras pour aller au milieu de la piste. Elles dansent. Elle a l’air heureuse.
Il est au bord de la piste. Leurs yeux se croisent. Elle ne le reconnaît pas immédiatement, ne s’attendant pas à le voir ici. Il en profite pour se déplacer. Change de place. Elle n’est pas sur, cherche, son regard le cherche, elle croit l’avoir reconnu. Elle s’affole. Regarde dans la direction de son homme, il sourit, écoute la musique, sirote une boisson, ne fait pas vraiment attention, se laisse porter par l’ambiance. Sa puce la laisse au milieu de la piste, retournant vers son papa. Ils s’éloignent de la piste, se dirigeant vers la marchande de bonbons. La musique change, devient douce. Les couples se forment. Il s’approche, pose une main sur son épaule. « Vous permettez ». Elle se retourne. Et la, ses yeux s’affolent, elle bégaie. Lui un doigt sur ses lèvres ; « Chut, laisse toi aller ». Il l’enlace. Et la lentement, il danse, l’un contre l’autre. Dans la douceur d’un soir. Son coup de folie se réalise. Ils dansent, le soir, dans un bal, dans la chaleur de la nuit. Il sent l’envie d’elle, en lui. Elle l’agrippe. Elle pose sa tête contre son épaule, ses mains à lui, lui caressent le dos. Il chuchote des mots doux, qu’il a imaginé tout au long du trajet. La musique s’arrête. Un « maman » déchire leur rêve, elle se retourne. L’angelinette, un sac de bonbon à la main, arrive et lui saute dans les bras.
Lui en profite pour s’en aller. Quand elle se retourne, il n’est plus la. Elle le cherche, ne le trouve pas. Elle sourit. Elle croit à un rêve. – Il est fou – Qui ça maman – personne ma puce, personne.
Il a réussi son coup, il est fier comme un paon. Il s’éclipse, Il retourne à sa voiture. La route de retour l’attend.






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